Un petit mot d'introduction...

3m90 de longueur, une surface de voile de 6m50, passée à 7,4 m² avec les grééments "B", un statut olympique le temps de deux olympiades...ce sont les planches à voile "Division 2"! Mistral M1, Bic Hervé Borde, Dobbelman 1,2,3, Lechner, Crit 650 et D2, Reix Compétition et Super Pro 84, Jaguar, California CD1, Océanite compétition, King Cobra, Sailboard race, Fountaine Pajot VMG, TC Win, Tornado 39 Division2, Alpha Pro régatta, Jet J3, Croconuts.... Voilà quelques unes de ces planches à voile qui ont sillonné les plans d'eau, essentiellement européens, de 1980 à 1992.

Des planches au volume de plus en plus important, allant jusqu'à plus de 400 litres! Du volume, pour des planches taillées pour le près...et délicates au portant! Toutes les planches présentées ici sont navigantes, avec des grééments d'époque (en 6,50, 6,8m² ou gréément B de 7,40m²).

18 planches, c'est ce dont je dispose aujourd'hui (nombre en forte diminution par rapport il y a quelques années!). C'est le résultat de plus de quinze années de "collecte" progressive de ce type de planches à voile (depuis 2000 : 57 planches passées entre mes mains dont 14 non navigables bonnes pour la déchetterie puis réparées, et seulement 9 qui n'ont nécessité aucune réparation), mais en faisant un tri. J'ai limité pour l'instant mon choix aux planches creuses et shapées : ce sont les plus fiables, à mon avis, en matière de construction, avec le stratifié le plus "stable", les plus facile à réparer (j'ai de très mauvais souvenirs de délaminage sur une Reix Super Pro, impossible à réparer, tant la planche était sensible aux changements de température), avec cependant une exception :

-...la planche qui m'a suivi depuis le début : la Schuss.

C'est pourquoi, malgré les occasions qui se sont présentées, pas, pour l'instant, d'Océanite Compétition, de Jeanneau Turbo, etc... dans cette "collection".

Cela ne prétend pas à l'exhaustivité : il m'en manque encore beaucoup (je n'ai pas de proto Quéré, de Tiga Race à rail, de Mares, les Lechner L2 ou L3, les Miribel, les Ligier...), mais peut-être que ces planches se présenteront un jour!

J'ai des gréements en 6,5, 6,8 ou 7,4m² pour naviguer, que ce soient des voiles en dacron, Mylar-Kevlar, Mylar-Kevlar-Dacron ou monofilm, mais pas assez pour équiper toutes les planches!


Ce site n'a qu'une ambition : être un lieu d'échanges entre passionnés des planches de cette époque!
Au sommaire également, des articles sur les championnats, des essais de planches... Ne pas oublier, quand vous serez en bas de page, de cliquer que "messages plus anciens" pour découvrir la suite des messages!

Identifiez les planches open Division 2

Question récurrente : de quel modèle de planche open s'agit-il? Comment distinguer les différents modèles d'une même marque? Quelles sont les caractéristiques distinctives des planches?

Voilà un petit trombinoscope de nos planches!

EN COURS DE CONSTRUCTION!


Bic Hervé Borde
C'est LA planche de régate de Bic Marine commercialisée à partir de 1982, conçue par un des tous meilleurs coureurs de l'époque, qui lui a donné son nom.
Construite en polyester creux, elle se distingue par un poids très faible (systématiquement à moins de 18 kg, semble-t-il) dont la contrepartie est quand même  une relative fragilité, notamment au niveau du joint entre les deux demi-flotteurs, un peu souple. Bruit sourd garanti dans le clapot!
Equipée de trois emplantures (format standard), et d'un puits court (avec deux dérives sabre, dont une de brise) puis d'un puits long dans les dernières versions. Voile Ancel label Noir aux couleurs de Bic Marine.
Un petit (tout petit!) nable sur le tableau arrière



 Des méplats sur le pont pour assurer une bonne tenue des pieds en demi-tranche

 Une carène très tendue!
Des formes déjà très modernes pour 1982


California CD1
La California est une planche peu répandue. Produite par "California diffusion" plus connue pour ses planches de funboard et de vitesse, c'est une planche open très bien construite en sandwich époxy. La flottabilité interne est assurée par un pain de mousse polyuréthane longitudinal. Elle est à l’origine équipée d’un seul petit nable sur le tableau arrière. Sa carène n'est pas de conception originale : elle ressemble fort à une Crit D2 dont seul le tableau arrière aurait été modifié pour le rendre concave. Deux emplantures de pied de mât à barette, dérive en samba–sapelli (Dupau) entièrement rétractable.




Crit 650
La Crit 650 est la seconde planche de régate de Crit, après la Crit 630 (une Division 1). Sortie en 1981 et résultat du "coup de crayon" de Patrice Valton, elle est typique de la première génération de planches open, très inspirée des carènes bateau : étrave très marquée, carène s'aplatissant petit à petit, pour finir sur un tableau arrière en léger arrondi. 280 litres, pied de mât à emplantures, aileron sur rail et dérive sabre de belle facture (Contreplaqué marine 17 plis). Construction en stratifié de polyester moussé. Un rêve en eau plate et petit temps, un enfer dans le clapot court! Elle faisait partie des planches de référence en 1981, mais les carènes ont ensuite très vite évolué : la D2 est sortie en 1982!




(Photos aimablement confiées par Patrick M)


Crit D2 :

Sortie en 1982, d'abord en version creuse (à très peu d'exemplaires semble-t-il) puis rapidement en version polyester moussée. C’est sans doute la planche de série la plus répandue, car offrant le meilleur rapport prix/garanties de performances. C’est aussi la seule planche moussée qui parvenait à concurrencer les planches creuses, du moins jusqu’en 1985. Deux emplantures de pied de mât jusqu'en 1984, puis rail court à pédale.
Dérive elliptique en sapelli, ou version en samba sapelli à extrémité plus large.
Livrée de série avec une voile Ancel Label noir.
Point faible : le délaminage fréquent du pont, surtout sur la version avec rail, sans doute construite plus légèrement (cette version avec rail dispose d'une décoration du pont plus réduite, en raison de l'évolution de la jauge open : restriction de la surface des logos de marque sur la planche et la voile).


 Crit D2 version 1982, avec emplantures :






Croconuts
Shapées par Pierre Audet (Magasin Croconuts à Mulhouse, plus de 1000 planches open et de fun shapées par ses soins), les Croconuts ont été des planches très répandues à la fin des années 80.
Très belle construction, très durable, en époxy sur pain polystyrène partiellement creusé, sur âme en bois ou en carbone, avec un ou deux bouchons de nable de type "Lechner". L'avantage du custom : l'adaptation au planchiste (sur les tri-concaves, la longueur et l’importance des concaves étaient adaptées au poids du planchiste)..
Les Croconuts sont toutes équipées de rail : rail mistral (court ou long) ou rail lechner (rail plastique blanc). La décoration du pont a évolué, les dernières ayant un pont "marquetté" (photo ci-dessous) ou carbone pour les versions les plus abouties..
Pour conserver le plus longtemps possible leur bel aspect : les conserver à l'abri de la lumière! Parmi les dernières versions, des planches à carène en kevlar et pont carbone (alors peint en blanc).











Croconuts Tri concave
La Triconcave est l'aboutissement du travail de shape de Pierre Audet. Ainsi, Pierre Audet explique que, pour la tri concave, l'importance (creux, longueur) de ses concaves est adaptée au poids du planchiste (plus marqués pour les poids légers).
Planches avec rail type mistral quart de tour, aileron sur rail US, dérives "croconuts" en samba ou en sapelli. Pont avec renforts kevlar à motifs, renfort kevlar sur l'étrave.
Cette planche offre un véritable confort de navigation au portant dans la brise, elle est "sur des rails".
Bouchons de nable type Lechner. Presque systématiquement lestée, lest positionné sur l'avant du puits de dérive.











Une Croconuts triconcave dernière génération : pont carbone et carène kevlar, sur pain polystyrène creusé







DOBBELMAN DB1
La première planche du duo Dobbelmann-Benoit. Elle constituait, à sa sortie, une petite révolution, quand même : elle était la planche creuse la plus accessible (en prix) du marché. Fabriquée en sandwich polyester avec une emplanture de pied de mât unique, elle est équipée d'une belle dérive entièrement escamotable en lamellé-collé et d'un aileron sur rail.
La réserve de flottabilité interne est sous la forme d'un pain de polystyrène central, solidaire du sandwich (par de la mousse polyuréthanne) s'étendant au-devant de l'emplanture du pied de mât.
Ne faisant pas partie des plus volumineuses (notamment par un faible volume sur l'arrière), elle se destine plutôt aux poids légers. Décoration sobre : le rond rouge "Dobbelman" à l'arrière.
Les photos ci-dessous sont celles d'une DB1 avant restauration.

















DOBBELMAN DB2
Après la DB1, Dobbelman a commercialisé sa "2", qui présente de fortes évolutions par rapport au modèle précédent. Construite en sandwich polyester sous vide, elle présente un volume beaucoup plus important (320 litres). L'étrave présente un bulbe très légèrement en "V", et un arrière à simple bouchain qui s'achève à l'arrière du puits de dérive. Superbe dérive en lamellé-collé, sachant qu'il existe aussi des modèles en stratifié. Aileron sur rail. Deux petits bouchons de nable, l'un à l'avant, l'autre sur le tableau arrière.
L'intérieur de la planche est constitué de réserves de flottabilité en polystyrène, posées en longitudinal sous forme "d'arches", collées au pont et au fond de la planche par de la mousse polyuréthane. Quelques pains en transversal viennent compléter le dispositif. Le positionnement des pains diffère selon les versions.
 Il peut arriver que, en raison du mauvais vieillissement de la mousse, le pont, à la pression, fasse entendre un léger crissement, sans que l'on puisse déceler un délaminage : ce n'est que le jeu entre la pousse polyuréthane et le stratifié, mais il est prudent de réparer par une ouverture du pont (voir le blog) pour limiter ce jeu qui fait travailler la liaison pont-coque, déjà fragile. Il arrive aussi que des pains de polystyrène soient fendillés, ou décollés entre eux. Le même remède (ouverture du pont injection de mousse) doit être adopté.
Les premières versions ont un rail de pied de mât court, sans réglage possible en navigation (blocage par vis). Le modèle évolue ensuite avec un rail de type Lechner à pédale et la pose d'une trappe de visite juste devant ce rail. Un modèle moussé a également été construit, de même que la version "C" (pour Carbone : avec renforts carbone) et une version tout carbone. Autre différence : la version avec rail de pied de mât court n'a qu'une position pour la dérive, la version avec rail Lechner en ayant deux.
Précision pour les bricoleurs : la fixation du rail Lechner est variable : j'en ai vu fixés avec vis sur un tasseau en bois (DB2) et un autre (sur une DB2c) boulonné sur une plaque métallique qui fait toute la longueur du rail (comme sur la DB3).
Décoration de la planche : sur les premières versions (petit rail de pied de mât), il n'y a que le logo "Dobbelman DB2" à l'arrière de la planche. Sur les versions avec rail de pied de mât Lechner, il y a ce même logo, plus la marque "Dobbelman" sur fond quadrillé entre la trappe de visite et l'avant de la planche.
Une version "plus" de la DB2 a été construite en 1987 avec des concaves.




Ci-dessus : une DB2 dans sa version initiale : rail de pied de mât non réglable en navigation, et puits de dérive avec une seule gorge pour l'axe de dérive.

DB2 version avec rail Lechner, deux gorges d'axe de dérive et une trappe de visite devant le rail de pied de mât.
 Un simple bouchain, bien visible

L'intérieur de la planche, vu de l'arrière, avec les pains de polystyrène.


Dobbelman DB3
La dernière de la série des "DB". Pas de différence notable par rapport à la DB2. Rail de pied de mât Lechner, rail d'aileron court (pas de réglage possible), puits de dérive avec une ouverture sur le pont raccourcie par rapport à la "2". Deux bouchons de nable Lechner, celui de l'arrière étant sur le tableau. Le tableau arrière est plus arrondi que la "2", avec absence de "jupe" (comparer la photo ci-dessous avec celle située deux photos plus haut).
Logo Dobbelman rose, inscription Dobbelman sur le pont, à l'avant.
 La forme du tableau arrière diffère de la DB2. Logo Dobbelman rose.



Bouchain identique à celui de la DB2










Dobbelman PH1
Avec le "PH" pour Piegelin Hervé, Dobbelman a commercialisé une planche issue des protos conçus et fabriqués par Hervé Piegelin. Cette planche apportait une réelle évolution. Si les étraves avaient fait les beaux jours de la génération 1980-1981 (carènes "bateau" type Crit 650), ce sont les bulbes plus ou moins marqués, ou approchants (de la Mistral M1 à la Crit D2) qui se sont imposés par la suite. La PH1 renoue avec le concept de l'étrave, mais en le faisant évoluer, car appliqué à une carène très tendue sur l'arrière et un avant "banané". C'est ce même type d'étrave, qui ira même jusqu'à l'étrave inversée, que l'on retrouvera sur des Jaguar.
La PH1 est en sandwich, avec un rail Lechner et une trappe de visite devant ce rail. Dérive elliptique en bois, escamotable.
Attention, les PH1 semblent particulièrement fragiles, notamment au niveau de la liaison pont-coque.
Versions renforts carbone et "tout carbone". Il y a eu par ailleurs une version "restylée" de la PH1 avec des sections arrière modifiées (mais je ne dispose pas de photo de cette version).







Dupau Wood Fan
La menuiserie de Guérande (Loire-Atlantique) s'est d'abord illustrée par la fabrication de très belles dérives. Elle s'est lancée ensuite dans la fabrication de flotteurs, de fun et de la jauge open.
Ces planches ont été commercialisées sous le nom de "wood fan", avec un mode de construction qui a évolué : d'abord construites en contreplaqué avec placage acajou fin (sur membrures creusées), elles sont construites, pour les dernières, en sandwich bois-époxy souvent en "Red cedar" (cèdre rouge)(de l'intérieur du sandwich vers l'extérieur : stratifié, mousse de haute densité, bois). Ces planches ont été commercialisées de 1984 à 1986. Elle sont systématiquement équipées de rail de pied de mât, identique à celui de la Crit D2 (pour les premières) ou le rail Browning pour les dernières.





 Une Wood Fan de la première génération (1984)






Ci-dessus, trois photos d'ne Dupau Wood fan de dernière génération : sandwich en red cedar, rail Browning, carène très "bananée" avec fort volume.


Fountaine Pajot VMG
La première Fountaine-Pajot : construction creuse avec pont en sandwich feutre, parmi les planches creuses parmi les plus abordables financièrement à l'époque. Elle se distingue de ses consoeurs par son pont bleu (le bleu "Charente-Maritime"). Construction légère, bruit sourd dans les vagues! Commercialisée en 1982, elle présente un pont plat, avec un très léger redan sur les côtés pour améliorer le confort en demi-tranche. Sections arrière très rondes, étrave bulbée en "U" très marqué. Gros volume (340 litres). Deux emplantures de pied de mât (diamètre standard) surbaissées pour limiter le départ en demi-tranche. Dérive Dupau samba-sapelli totalement escamotable. Aileron sur rail type US. Décoration minimale : petits logos "Vélocity Made Good" sur les flancs, plus logo dégradé de bleu "Fountaine Pajot" positionné en diagonale sur l'arrière du pont.

 Des lignes très tendues, un fort volume réparti sur tout le long de la carène
Pont très plat, léger redan, arrière très rond. Cette planche, blanche, n'a jamais eu le pont bleu (aucune trace de bleu lors de la restauration)


Fountaine Pajot VMG 2
Planche rarissime, prenant la suite de la VMG, production du chantier Fountaine Pajot (les fameux catamarans "Charente Maritime"). Construction annoncée en nid d'abeille. Formes très particulière, arrière très volumineux, étrave "bec de canard" et sans fort volume. Rail de pied de mât, aileron  sur rail US, dérive escamotable.



Hervé Borde Feuillette

L'association du constructeur réputé de canoë kayaks et du planchiste français a donné naissance à une belle planche open. Lignes très tendues, peu de volume à l'étrave comparativement aux planches de la même époque (1984). Lignes très régulières. Dérive Dupau, rail de pied de mât type "Lechner". La construction en sandwich est extrêmement soignée, même si l'étrave semble fragile, sans sandwich et souple à la pression du doigt (sur quelques cm² seulement).... Le quart arrière est isolé par une cloison étanche.
Sur ce modèle, présence d'une trappe de visite sur l'arrière, juste en avant du footstrap unique. La position de la trappe peut varier selon les modèles.






Jaguar
Sans doute un des constructeurs les plus productifs en planches open : cette marque (Dimatel) a "ouvert le bal" des planches très performantes en 1981, avec la Jaguar, et a pour ainsi dire clôturé la production des Division 2 au début des années 90.
La production de planches est importante malgré un creux en 83-84, et il est difficile d'identifier certains modèles, notamment à partir de 1986-1987.
La première Jaguar, apparue en 1981, a été d'emblée la vedette des plans d'eau. Carène au rond affirmé, étrave marquée, du volume pour l'époque (285 litres). Dérive bois, deux emplantures de pied de mât, construction de bonne qualité en polyester moussé. Réputée pour ses performances, elle n'en reste pas moins une planche difficile, notamment dans la brise. Elle est donc commercialisée ensuite en version Mach2, avec une dérive basculante, mais seulement partiellement escamotable.
La jaguar, ici en version MK2. Pont sobre, avec deux cuvettes.





A suivi une production importante de planches avec des procédés de fabrication divers, de la planche moussée aux planches creuses, en passant par les planches shapées; Côté matériaux, même diversité, Jaguar a tout utilisé ou presque : Polycarbonate, polyester, époxy, verre et fibres exotiques (carbone, carbone-kevlar).


 La Jaguar Elite, proposée en versions diverses, a suivi la jaguar Mach 2 :



Après ces deux modèles, Jaguar est passé à deux modes de construction différents : les planches construites sur moule et les planches shapées. Il n'est pas toujours facile de dater et de qualifier précisément les différents modèles.
La distinction, dans le catalogue de la marque est la suivante :
- jaguar CV pour "creuse -verre"
- jaguar CC pour "creuse-carbone"
- jaguar SV pour "shapée verre"
- jaguar SC pour "shapée carbone"

Une Jaguar à étrave, modèle shapé sur pain polystyrène, sans doute de 1985 ou 1986 :




Une Jaguar J7 CV (Creuse-verre) :





la Jaguar J9 (ici un modèle shapé carbone : J9 SC, sur pain polystyrène) :





Lechner L3
Cette troisième planche du "maître" Lechner a fait des merveilles. C'est, d'ailleurs, une merveille. Superbe décoration, bien que sobre. Arrière un peu en "V" avec une jupe étroite, étrave qui est un intermédiaire entre la Lechner L2 et la L4. Livrée avec, dans les premières versions, deux emplantures de pied de mât, puis avec le rail lechner (pédale blanche). Bon, c'est quand même la Lechner qu'il me manque!

Vue du pont de la L3 version avec pieds de mât

Lechner L4
Evolution de la L3, elle s'en distingue par les formes arrière, plus en "U", et une étrave plus pleine et un peu plus verticale. Equipée d'un rail Lechner (pédale blanche). Dérive en stratifié. Pont plutôt plat. Deux nables "Lechner", l'un à l'avant, l'autre sur le tableau arrière. Elle a, à partir du premier quart avant, un "plat" juste en dessous du liston qui se prolonge jusqu'à l'arrière (photo ci-dessous).







Lechner L5
La L5 se présente très clairement comme une évolution de la L4. Elle s'en distingue fortement par son volume, la forme du pont (moins plat, plus confortable) et les sections arrière dont le "V" a disparu.
On y décèle les premiers indices de la A390!
Equipée d'un rail Lechner, d'une dérive en stratifié et de deux bouchons de nable. La décoration présente sur les L2, L3 et L4 (bandes rouges sur l'arrière de la carène) a disparu, on est dans le sobre! Les inserts de footstraps sont de série, puisqu'autorisés par la jauge.


 C'es au niveau des sections arrière, du volume et de la forme du pont que les deux planches se distinguent le plus (à gauche la L4, à droite la L5)

 Au premier plan : la L5, au second plan la L4. deux étraves très proches





Lechner A390 (Olympique)
Considérée comme l'évolution ultime de la Division 2, planche Olympique en 1988 et 1992 (évolutions sur la version de 1992 : axe de dérive et rail de pied de mât reculés). Les sections générales sont en "V" très ouvert, se distinguant en cela de ses concurrentes. Rail lechner métallique, deux footstraps (positionnés différemment de la L5). Deux nables Lechner. Equipée de deux ailerons en stratifié, l'un petit pour le gréement 6,8, l'autre plus grand pour le gréement B. Le petit aileron reste toutefois manifestement sous-dimensionné pour la planche, quel que soit le gréement. La dérive elliptique est de belle facture (attention : la tête de dérive est fragile, et se fissure rapidement) et est fabriquée en stratifié. Il existe plusieurs fabricants : Lechner, Jaguar, Bridgestone. Ce dernier a manifestement produit des flotteurs de qualité médiocre, prenant l'eau et se délaminant assez rapidement.



 Des sections arrière en "V" très ouvert

Vue de profil, planche équipée du petit aileron.


Magnum One
Entre 1984 et 1986, Skipper International a commercialisé une planche de régate en époxy-nid d'abeille. Planche très peu diffusée, elle n'a pas fait d'étincelles en compétition. Pied de mât sur rail (non réglable en navigation, dérive escamotable. Très belle construction (le nid d'abeille fait 2 cm d'épaisseur!) elle est à l'origine décorée avec un sigle "magnum" sur le pont, à l'avant. D'origine également, un petit nable à l'arrière (le modèle en photo a été modifié, avec deux nables avant et arrière).





Cette photo de Manuelle Graveline est sans doute celle d'une Magnum One proto, au regard des fortes similitudes de forme de carène.




Magnum Plus
Une des plus belles planches de régate de la première génération, sortie en 1982 par Skipper International. Avec ses deux couleurs (un superbe bleu et du blanc), elle détonne au milieu de nos flotteurs désespérément (presque) blancs.
Construite en polyester moussé, d'un volume modeste de 260 litres, elle est la soeur jumelle (à part le poids et la couleur) de la Magnum Compétition qui a été commercialisée un peu plus tard (en 1982, à un moindre coût). Elle est donc plus fragile (attention au joint et aux délaminages). Equipée d'une dérive semi-escamotable en contreplaqué marine, d'un aileron sur rail, d'un antidérapant moulé dans la masse et de deux emplantures de diamètre standard. Plusieurs positions possibles pour la dérive. Livrée avec une voile Gaastra ou une Ancel Label noir aux couleurs de la marque.







Mistral M1
La Mistral M1 a été LA planche de référence au début des années 80. Planche issue des protos de compétition de la marque, elle a été pendant longtemps la planche la plus chère du marché (12800F complète!)...même quand elle n'était plus la meilleure! Il n'empêche : c'est la première à avoir des formes "modernes" (disparition de l'étrave pour un avant semi-bulbé), dérive escamotable. Planche creuse en sandwich polyester (il existe un modèle moussé). Deux nables (un à l'avant, l'autre au coin gauche du tableau arrière). Certaines versions avec un seul nable à l'arrière. Deux emplantures de pied de mât, blocage à barette, identique à celui des Mistral compétition, entre lesquelles est gravé le n° de série. Dérive en samba, avec bord de fuite en époxy. Décoration minimale : un logo M1 sur l'avant du pont, parfois deux sigles Mistral juste sous le liston à bâbord et tribord, parfois également présent sur la partie inclinée du tableau arrière. Vendue à l'origine avec un gréement mât proctor et voile Gaastra.
Point faible : la jonction pont-coque (liston de 1,5cm environ), fragile.


 Le tableau arrière tronqué, caractéristique de la M1
 Un plan de pont très sobre, plutôt plat comme la plupart des planches en 1980-1981






Version moussée de la M1, qui se distingue par la cuvette dans l'axe du pont, entre les emplantures et le logo Mistral.


Océanite Compétition
Les Chantiers MIO (Moulages Industriels de l'Ouest) ont construit une planche de régate open "grand public" par son prix. En polyester moussé, avec une carène  très fortement inspirée de la Tornado mais un plan de pont complètement différent, l'Océanite Compétition a fait des ravages en régate. C'est une planche très adaptée au lourds grâce à un volume de carène appréciable (325 litres).
Décoration simple  au centre de la planche (une bande rouge, deux bandes bleues), construction fiable, très belle dérive elliptique en sapelli faite par...Dupau. Voile "X voiles" de belle facture...tout est construit autour de La Baule et Guérande.
Le premier modèle était équipé d'une dérive sabre et de deux emplantures de pied de mât. Très difficile dans la brise, l'Océanite Compétition (qui s'appellera ensuite Océanite Compétition 1 quand la 2 sera commercialisée) a ensuite été équipée d'un puits de dérive long. C'est de modèle qui est en photo ci-dessous (et sans la décoration de pont d'origine)




Reix Compétition (et Reix Pro)
La Reix Compétition est apparue en 1982 : dessinée par François Foussard, c'est sans doute une des plus belles planches du marché. Etrave à bulbe, tableau arrière type "bateau", 330 litres de volume, deux emplantures de pied de mât, un aileron sur rail et une dérive escamotable. Elle est équipée d'un mât serfiac V1 et d'une voile Ancel label Noir. C'est "la planche qui gagne" en 1982 aux côtés de la Crit D2, mais elle est moins polyvalente que cette dernière.
Elle est construite en deux versions : la Compétition a un moussage en mousse polyuréthanne, alors que la "Pro" bénéficie d'un moussage double densité (polyuréthane et polystyrène, ce moussage polystyrène étant creusé), donc un peu plus légère. Planche de belle facture, mais fragile, sujette aux délaminages (délaminage de la couche de mousse de plus forte densité au contact du pont).





Sainval Martini Racing
Issue des protos de régate de la marque Sainval, la "Martini Racing" est une belle planche à la carène originale : une étrave légèrement tulipée, un arrière presque plat. La construction de très bonne qualité est en polyester moussé, avec un joint entre les deux coques protégé par une bande caoutchouc (qui peut être enlevée, car peu utile et inesthétique). Le plan de pont comporte deux emplantures de pied de mât. Livrée avec une dérive en bois massif et une belle voile siglée "Martini racing", elle souffre d'un aileron type "planche polyvalente", de petite taille, souple, et dans un boitier peu solide. Ce boitier peut être avantageusement remplacé (comme sur la planche en photo) par un rail US classique.






Sodim Eclax Division 2
La Marque Sodim ne s'est pas distinguée par ses planches de compétition. Hormis ses planches "grand public" et de fun (les superbes Chapter), elle n'a produit qu'une planche de compétition, la Sodim Eclax Division 2.
Apparue en 1983, cette planche est construite en polyester moussé, pour un volume annoncé de 300litres, mais qui semble être supérieur.
Très belle carène, pont très arrondi, tableau arrière en creux. Deux emplantures de pied de mât.




Cette planche n'a pas eu de carrière particulière en compétition. Sans doute une construction creuse aurait-elle permis d'exploiter toutes les qualités possibles de ce shape qui semble être de qualité.


Speedline
Les planches Speedline sont de magnifiques produits de chez Heilmann, célèbre shaper et constructeur du Var, qui a construit entre autres les protos dobbelman..
Exemple ci-dessous (photos en ligne avec l'aimable accord de Julien G), une Speedline à double redan. Utilisation de fibres exotiques, recherche architecturale indéniable, les Speedline sont de réels bijoux!






Ten Cate Win Lechner
Ten Cate, marque plutôt connue pour ses planches grand public ou de funboard, s'est lancée dans la commercialisation d'une planche de régate. Point de départ : le rachat des moules de la Lechner L2.
Le dessin est typique de sa période de conception (1982) : le pont reste assez plat, bau maximum marqué sur l'avant des emplantures de pied de mât. Volume annoncé à 270 litres, mais qui semble être plus important. Sections arrière assez rondes, et arrière relativement étroit. L'étrave se rapproche de celle d'une Tornado Division 2, en plus volumineuse et moins élancée.
Son équipement : dérive bois, semi-escamotable, deux emplantures de mât à sabot. Un nable sur le tableau arrière.
La qualité de construction est correcte pour une planche creuse en sandwich polyester.






Tornado Division 2
La première Tornado, planche de régate haut de gamme, restait d'un volume modéré (270litres) et présentait une construction traditionnelle (planche moussée). En 1982, pour mettre au diapason sa planche de référence, le constructeur la commercialise en version creuse (sandwich mousse polyutréthanne) et avec un volume augmenté grâce à une épaisseur supérieure de 2cm environ à partir de l'arrière du puits de dérive et une dérive (à forme modifiée) semi escamotable (pivotante pour le modèle précédent). La planche garde sa ligne initiale, mais a des sections arrières plus rondes. Pour la distinguer de la Tornado "Division 1" : les formes arrière, le bouchon de nable sur le tableau arrière, le puits de dérive semi-long et la décoration du pont (sous le nom "Tornado" apparaît un "Division II").
Planche très esthétique grâce à sa décoration! Souvent copiée (hummm : l'océanite compétition a de vrais airs de famille...).
Un seul puits de pied de mât, dérive polypropylène blanche, aileron du même matériau : les appendices ne sont vraiment pas à la hauteur de la planche (et de son prix à l'époque)! La dérive bois était en option. La dérive ne passera jamais totalement escamotable, malheureusement. Vendue avec une voile Raudalsch du plus belle effet, avec un mât alu sensible au flambage, semble-t-il.





Véliac King Cobra

Après la Black Cobra, mais avant la Gold Cobra du même constructeur, la King Cobra, construite par Véliac, a été dessinée en 1982, elle est d'un volume modéré (315 litres annoncés, ce qui semble optimiste) : sections arrière assez plates, étrave marquée bien qu'en "U". La largeur maximum se situe au niveau du puits de dérive.
Très belle construction (très bel aspect du gel coat, moins de 18kg), bien que d'aspect fragile, en sandwich balsa (comme beaucoup de ponts de bateaux, à l'époque). Mieux vaut donc éviter les prises d'eau...Elle nécessite plus d'attention qu'une planche en sandwich mousse.
Une planche très performante sur mer plate.
Dérive en contreplaqué marine 17 plis, deux emplantures de diamètre standard, aileron sur rail US.

Une étrave caractéristique, en "V" tulipé


Un arrière assez large, peu volumineux. On note le dessin du tableau arrière, avec des liens de parenté avec celui de la Reix compétition...normal, c'est le même architecte (F Foussard)!
Un avant encore assez pincé


Véliac Gold Cobra
Produite en 1983, la "Gold" est la version améliorée de la "King". Même procédé de construction (très soigné, très léger) en sandwich balsa, fortes similitudes dans le "coup de crayon", notamment pour le pont et la forme du tableau arrière. C'est une très belle planche, originale, soignée. Mais la forme de carène est très différente de la King, avec l'abandon de l'étrave pour le bulbe. Comme sur la "King", le maître-bau est au niveau du puits de dérive, ce qui est différent de la majorité des planches (largeur maximum en avant du puits de dérive, ce qui apporte un vrai "plus" en demi-tranche). Dérive en contreplaqué marine. Deux emplantures de pied de mât, aileron sur rail. Une vraie "tuerie" par petit temps et médium, planche extrêmement maniable, faisant un excellent cap et surtout très facile à faire marcher. Merci à JPF pour les photos de cette planche!




11 commentaires:

  1. Hello François,
    Mes photos de la Hervé Borde, prises à l'extérieur , dans un décors quasi identique au tien sont à ta disposition :)

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  2. Eric, je vérifie sur tes photos : si elle est à rail court, je t'emprunte une photo pour compléter les vues!

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    1. François,
      rail court? Non c'est la même que la tienne..

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  3. Eric, grossière erreur de ma part, je voulais parler de puits court pour dérive sabre....!

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  4. Sur les premières versions de Tornado (avant qu'elle ne devienne "39" ou "D2"), la dérive se réglait via une système de poulie afin que l'inclinaison ne bouge pas. C'était une vrai galère car il fallait libérer le bout du taquet coinceur quand on passait en vent arrière. Donc il fallait tenir le wish d'une seule main (sur un lac c'est simple mais dans le clapot ...).
    C'est pour cette raison qu'ils ont corrigé ce système sur les autres versions.

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  5. Bonjour,
    S'agissant de la CRIT, une correction au texte : c'est bien patrice VALTON qui est à l'origine de la première CRIT (la 630, apparue en 1978 ou 1979) mais c'est ensuite à Guy DUCROT que l'on doit toute la suite la D1 puis la D2

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  6. Ca fait 20 ans que je veux me fabriquer une Crit D2, une Dobbelman ou une Lechner en cedre rouge. Il n'est jamais trop tard... Savez-vous ou je pourrais me procurer des plans de fabrication? Merci.
    Vincent

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  7. bonjour a tous
    est il possible de trouver ces flotteurs a acheter
    possésseur dans les années 1980 1990 de reix pro et compétition ,jet ,oceanite compétition ,j aimerais bien renouer avec les plaisirs nautiques de l époque
    mon numéro de voile était F34082
    il me reste une voile 5.50 ancel de vries
    merci de vos prochaine réponse

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  8. Bonjour, contactez-moi sur mon adresse mail fschricke(arrowbase)libertysurf.fr

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    1. François bonjour
      pourriez vous me dire quels sont les rassemblements prévus en 2017
      je suis en Bretagne ,mais les voyages ne me font pas peur
      dans ma jeunesse les déplacement pour championnat de france Serre Ponçon ou la Baule etc.... était fréquent
      en éspérant retrouver les joies d antan

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